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Patricia FERRARA
« Chorégraphier serait pour moi actuellement interagir avec ce qui m’entoure, mettre en relation, participer aux mouvements des choses en parcourant des distances, en cheminant, en traversant l’horizontalité comme métaphore d’un mouvement de la pensée. »
Depuis 1985, Patricia Ferrara suit un parcours sauvage dans le monde du mouvement jalonné de rencontres avec quelques-unes des grandes figures tutélaires cosmopolites : Elsa Wolliaston, Susan Buirge, Karin Waehner, Min Tananka, Lisa Nelson… Elle fonde le Groupe Unber Humber en 1991. Depuis le début des années 2000, elle explore de nouveaux modes de relation aux spectateurs et aux lieux. Sans les déserter pour autant, elle est donc sortie des lieux de répétitions et des salles de théâtre pour un exil volontaire dans l’espace ouvert. Elle a mis en place des dispositifs à géométrie variable, en privilégiant l’idée d’un espace ouvert et non hiérarchisé. La relation aux spectateurs a de fait été repensée en fonction de chaque projet. Les créations qui suivirent découlent en droite ligne de ce travail. Il en est ainsi de « Ca ressemble à un dimanche », « Demain peut-être », « Dialogue », « D’un jour à l’autre » ou encore des « Promenades préparées ». Une Aide à l’écriture chorégraphique du Ministère de la Culture DMDTS lui est attribuée en 2007 autour de la question « Danser dans le paysage ».
D’UN JOUR À L’AUTRE
Chorégraphie : Patricia FERRARA
Musique en direct : Philippe GELDA
Durée : 40 minutes
Coproduction : Théâtre de la Digue et CDC Toulouse Midi-Pyrénées
Pour « D’un Jour à l’Autre » j’affirme mon désir de travailler à partir du vide. C’est donc à un espace blanc, sans référence, auquel je souhaite me confronter. C’est l’espace de l’ouverture, des lectures ou des sens multiples, de l’imagination pure.
Peu à peu, durant les répétitions, j’ai ressenti la difficulté de rentrer dans une forme. Il s’agissait donc de trouver un passage avec d’un côté une matière chorégraphique indéterminée et de l’autre la forme, le déterminé, le contour cerné. Ainsi à partir d’une sorte de pré-langage gestuel, les deux danseurs progressent dans l’entremêlement, la transformation, l’hybridation, la confusion des corps, des genres et des formes avec une attention particulière portée à l’espace entre ; celui de « l’entre eux deux » de la relation. Il convient d’entendre ici la relation entre les deux danseurs mais également les relations d’espace, de temps ou d’agencement entre deux propositions chorégraphiques.
Cet espace entre est souvent réduit à une surface : peau, enveloppe, membrane ou ligne blanche diffuse.
Avec l’aide à la diffusion d’Arcadi.
